Nicolas Vendasi

L'évaluation personnalisée

Mes réflexions et mise en oeuvre

A - L’ « évaluation de fin de séquence »

Comme nombreux d'entre nous, une évaluation est programmée en fin de séquence afin de vérifier ce que les élèves ont retenu en terme de savoir et savoir-faire disciplinaires.  Cette évaluation me permet d’évaluer leur capacité à faire face à une situation nouvelle et complexe en développant un certain nombre de compétences que j'ai moi-même fixées dans une grille d’évaluation réduite.

Constat :

Il ne m’est pas possible d’évaluer certains élèves qui n’ont alors rien rédigé sur leur copie car la situation proposée et les compétences à mettre en oeuvre pour y répondre ne sont pas encore totalement (voire pas du tout pour certains) maitrisées. J'ai pris alors conscience que chaque élève avance à son propre rythme et qu’il existe alors autant de parcours d’apprentissage possible qu’il n’y a d’élève dans la classe.

Perspective d’amélioration de mon évaluation :

Je décide alors d’évaluer, toujours en fin de séquence, les élèves mais uniquement sur ce qu’ils pensent le mieux maîtriser ainsi que les compétences sur lesquelles ils souhaitent être évaluées. Pour cela un formulaire en ligne leur est proposé dans lequel figurent quatre questions :

  • Qu’as tu le mieux compris sur ce projet ?
  • Qu’as tu moins bien compris ?
  • Qu’est ce que tu n’as pas du tout compris ?
  • Cite 2 compétences que tu penses le mieux maitriser

Les réponses à ce questionnaire réalisé avant l’évaluation constituent déjà en une première évaluation : j’ai connaissance des difficultés rencontrées par chaque élève (tout du moins de leur ressenti), et de ce que chacun n’a pas du tout compris. Je ne l’évaluerai donc pas sur ce qu’il n’a pas du tout compris mais uniquement sur ce qu’il semble avoir le mieux compris et sur ce qu'il lui pose des difficultés. En effet, il me semble être indispensable que l’élève soit confiant au moment de l’évaluation afin d’altérer le moins possible ces capacités de mémorisation, d’analyse et de réflexion. Je crois tendre alors vers la mise en place d’une nouvelle forme d’évaluation : l’évaluation différenciée.

B - La trame de l'évaluation différenciée 

Afin de permettre à chaque élève de se retrouver dans sa zone proximale de développement au moment de l’évaluation, je lui ai proposé une évaluation personnalisée en adéquation avec ses réponses au questionnaire. J’ai donc créé autant d'énoncés différents que de réponses différentes au questionnaire en ligne.

B.1 Le format de l'évaluation.

B.1.1 Une tâche simple : "je travaille sur ce qui me pose des difficultés"

L’exercice consiste à retravailler des points essentiels mais qui ont posé des difficultés à l’élève; il s’agit là de lui proposer une tache simple sur des notions qu’il a indiqué ne pas totalement comprendre dans le questionnaire. Ce que l’élève a indiqué ne pas du tout comprendre n’est pas évalué ce jour là mais sera retravaillé plus tard lors d’une séance en classe durant laquelle l’élève a la possibilité de retravailler une copie d’évaluation, faire des exercices d’entrainement sur les notions qu’il n’a pas du tout compris ou encore suivre une mini-conférence organisée par un autre élève de la classe, tuteur de la notion qui lui pose difficulté.

J’ai alors proposé pour chaque notion mal comprise par l’élève une série de consignes  simples, construites autour des différents langages qui sont employés dans l’apprentissage des sciences : un langage symbolique (formules, représentation moléculaire, schéma circuit électrique, graphique...) et un langage, connu normalement de tous : le français.

Type de questions posées : 

  • Passer d'une forme de langage à une autre en traduisant en français une relation mathématique par exemple et inversement.
  • Corriger un schéma d'élève de la classe réalisé lors des activités faites en classe en indiquant l'erreur et en essayant de la corriger.
  • Proposer une grille d'évaluation autour d' un travail d'élève en justifiant le choix des compétences évaluées.
  • ...

Vous trouverez à la fin de cette partie un exemple de tâche simple donnée en évaluation.

B.1.2 Une tâche complexe 

Sur l’exercice type tache complexe, l’élève est évalué sur la/les notion(s) qu’il pense le mieux maitriser. Cet exercice me permet de vérifier s’il a réellement compris la/les notion(s) en proposant de l’évaluer dans un nouveau contexte. Dans un premier modèle, j’ai commencé par différencier les consignes des taches complexes en fonction des compétences que l’élève pense maitriser. Ainsi si plusieurs élèves pensent maitriser une notion A, alors ils seront tous évalués sur cette même notion A mais la consigne proposée sera différente pour chacun puisqu’elle dépendra des réponses des élèves concernant la dernière question du formulaire. Les documents proposés pourront changer d’une version à l’autre de l’exercice puisque cela dépend aussi des compétences indiquées comme "maitrisées" par les élèves.

Prenons un exemple : L’élève A et l’élève B pensent maitriser la notion 1. L’élève A pense mieux maitriser la compétence « réaliser un calcul » et « identifier un problème et le reformuler » et l’élève B la compétence « réaliser un protocole expérimental » et « identifier un problème et le reformuler ».

Vous trouverez à la fin de cette partie les deux sujets proposés aux élèves. 

Dans les deux versions l’élève doit identifier et reformuler le problème. Cependant dans la version A, l’élève doit justifier sa réponse par un calcul qui n’est pas demandé dans la version B. De plus un protocole expérimental est attendu dans les deux versions mais l’élève A n’ayant pas indiqué qu’il maitrisait la compétence « concevoir un protocole expérimental », je pars de l’idée que lui fournir le protocole expérimental en images le guidera dans sa réponse. L’élève B, quant à lui ne dispose pas d’autant d’information dans son sujet. Il est moins guider concernant l’élaboration du protocole expérimental.

 

Description

  • février 26, 2019